Ce projet de recherche, avec une durée de trois ans, a obtenu en 2018 une subvention du Conseil de recherche en sciences humaines du Canada (CRSH). Ci-dessous vous trouverez des informations utiles pour les participants et partenaires potentiels.
Objectifs de la recherche
Malgré des avancées significatives dans recherche sur la complexité, deux questions attendent toujours une réponse. Qu’est-ce que la complexité d’un projet? Quelles stratégies peuvent être utilisées pour la gérer efficacement? L’effort conceptuel et la recherche empirique que nous allons entreprendre aideront à répondre à ces questions en développant, d’abord, un cadre théorique sur la complexité du projet. Sur la base de ce cadre, nous élaborerons et validerons empiriquement une série d’hypothèses sur les meilleures stratégies pour gérer différents types de complexité.
Équipe
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Chercheur Principal Professeur, Université du Québec à Montréal |
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Co-chercheur Professeur, Université du Québec à Montréal |
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Collaborateur Lecturer in Management, Birkbeck, University of London, Royaume Uni |
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Collaborateur Senior Lecturer, University of Surrey, Royaume Uni |
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Collaborateur Associate Professor, LUISS University, Rome, Italie |
Cadre conceptuel
Le nombre de projets complexes augmente constamment à cause des avancées technologiques, des marchés de plus en plus exigeants et dynamiques, de la croissance du nombre et de la sophistication des normes, modèles et institutions pertinentes et du caractère de plus en plus participatif et pluraliste de la société et des processus politiques. La littérature scientifique sur la complexité des projets confond trois aspects de ce phénomène: les antécédents, tels que le nombre d’aspects pertinents et d’interactions entre eux; les mécanismes, tels que l’émergence de nouvelles propriétés des projets, et les conséquences, telles que l’imprévisibilité des développements. Nous établissons des distinctions entre ces aspects et les utilisons pour identifier quatre types de complexité en termes d’antécédents, identifier leurs conséquences structurelles pour les projets et proposer une série d’hypothèses sur les meilleures stratégies de production de connaissances pour traiter chaque type de complexité structurelle. Nous distinguons ensuite quatre autres types de complexité en termes de mécanismes, identifions leurs conséquences dynamiques pour les projets, et proposons des hypothèses sur les meilleures stratégies pour augmenter la flexibilité du projet afin d’aborder chaque type de complexité dynamique. Ce cadre conceptuel est résumé par la figure suivante :

Vous pouvez obtenir plus de détails sur notre cadre conceptuel préliminaire dans un article que nous venons de publier dans la revue Complexity. L’article est disponible en accès libre en cliquant ici.
Méthodologie de recherche
La recherche empirique que nous allons effectuer nous permettra de raffiner le cadre théorique, de développer des hypothèses et de tester celles-ci empiriquement. Elle se déroulera en trois étapes.
1) Analyse d’articles sur des projets réalisés dans différents domaines
La première étape une analyse qualitative de contenu de nombreux articles se référant aux projets complexes des quatre domaines d’activité dans lesquels nous allons effectuer des études de cas (voir ci-dessous). Cette analyse nous permettra d’approfondir notre compréhension de la complexité des projets de chaque domaine et révélera des indicateurs spécifiques des conséquences de la complexité, tels que des changements techniques ou des changements de construction, et des chocs majeurs, comme la décision du Département américain du Commerce d’imposer des droits de douane élevés sur les avions CSeries de Bombardier. Les données proviendront d’articles de revues professionnelles et générales ainsi que d’autres documents publics. L’analyse des données utilisera un schéma de codage basé sur le cadre théorique, mais fera attention aux nouveaux thèmes qui émergent des données.
2) Études rétrospectives de 12 cas de projets complexes
Pour fournir la variété requise d’antécédents et de mécanismes, les cas concerneront des projets dans quatre secteurs, Infrastructure, Logiciels/TIC, Biotechnologies et Aéronautique, ainsi que dans trois contextes institutionnels, Amérique du Nord, Europe et Asie. Les données pour chaque étude de cas seront obtenues principalement à l’aide de 6 à 10 entrevues rétrospectives avec des participants clés du projet. En plus des données en provenance des entrevues, nous rechercherons des informations relatives aux indicateurs de complexité identifiés à l’étape précédente. Ainsi, pour les projets d’infrastructure, nous rechercherons des statistiques et des rapports concernant les incidents, les retards, les changements, les avenants et les dépassements de coûts, ainsi que des preuves concernant la résolution de problèmes et de conflits. Les données seront utilisées pour produire des rapports narratifs de cas, qui fourniront une perspective intégrale sur les activités et les processus de chaque projet, et décriront également des exemples représentatifs d’événements et d’épisodes de restructuration attribuables à la complexité. En étudiant plusieurs aspects du projet en interrelation, avec une perspective temporelle, l’analyse séparée de chaque cas approfondira notre compréhension de l’origine, du déroulement et des conséquences de la complexité, des effets de la production de savoir et des stratégies de flexibilité. Nous chercherons à affiner les dimensions clés de tous nos concepts et à saisir leur articulation dans un projet. Nous ferons également une analyse comparative entre les 12 cas, pour corroborer les liens supposés entre le type de projet et la nature de la complexité ainsi que les hypothèses concernant l’efficacité des stratégies.
3) Enquête quantitative à grande échelle
L’enquête sera utilisée pour tester les hypothèses raffinées à la suite des étapes précédentes. Cette enquête s’appuiera sur un questionnaire quantitatif, de type psychométrique, relativement court (environ 50 questions), conçu pour mesurer les concepts théoriques clés. Le questionnaire sera développé à la suite de l’étape qualitative, en employant, si possible, le langage utilisé par les praticiens interviewés pour les études de cas. L’enquête sera mise en œuvre en ligne et des dirigeants de projets récemment achevés dans divers secteurs à travers le monde seront invités à la remplir. Pour pouvoir utiliser des analyses statistiques multivariées qui capturent les effets de modération et de médiation, nous visons à obtenir au moins 200 réponses à notre questionnaire
Retombées pour les participants et la communauté de praticiens en gestion de projet
Les gestionnaires et les entreprises participantes aux études de cas obtiendront une possibilité de revisiter un projet récemment réalisé, dans une démarche structurée par nos méthodes et instruments de recherche. Ce genre de rétrospective est un élément essentiel de toute démarche d’apprentissage organisationnel et de transfert de savoir inter-projets. Pour supporter cette démarche, les chercheurs fourniront aux entreprises participantes un rapport détaillé concernant leur projet, qui inclura une analyse des pratiques de gestion de la complexité. De plus, l’implication dans le projet offrira aux praticiens chevronnées une opportunité pour réfléchir à la complexité spécifique des projets de leur domaine d’activité, en échangeant avec des experts reconnus en cette thématique. Tout les participants, incluant les répondants au sondage, obtiendront un accès prioritaire aux résultats d’ensemble de notre programme de recherche. Les chercheurs se feront également un plaisir de discuter avec eux ces résultats de manière personnalisée et approfondie.
De manière plus générale, nous espérons que nos résultats permettront une compréhension approfondie de la complexité des projets et des manières de s’y attaquer. Nous espérons aussi que ces résultats seront une source d’inspiration pour des pratiques concrètes qui rendront la gestion de projet plus efficace. Entre autres, ils pourraient être utilisés pour développer des pratiques pour gérer des formes spécifiques de complexité affectant les projets des différents domaines que nous allons étudier, tels que les logiciels. Tout cela, nous l’espérons, contribuera à faire en sorte que les projets produiront plus de valeur pour leurs clients et utilisateurs et pour la société en général, tout en minimisant le coût et la durée d’exécution, les conflits et les contestations et en contribuant au bien-être des populations affectées et au développement économique.
Contacts
Les praticiens et les organisations intéressées à participer peuvent contacter le chercheur principal à l’adresse suivante:
serghei [point] floricel {à} uqam [point] ca




